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Hypnose et Syndrome de l'Intestin Irritable: généralités


Ballonnements, maux de ventre, constipation, diarrhées, sont souvent le quotidien des personnes souffrant du symptôme appelé syndrome de l’intestin irritable, auparavant dénommé syndrome du colon irritable ou encore appelé colopathie fonctionnelle. Ce syndrome se caractérise par une douleur abdominale chronique, associée à des troubles du transit. Cette maladie touche de 5 à 15% de la population, en majorité des femmes, et dont le diagnostic s'apparente souvent à un véritable parcours du combattant. En fait, une maladie qui est assez fréquente, mais dont on ne parle peu.


Officiellement, la colopathie fonctionnelle ou syndrome de l'intestin irritable (SII) n’est pas reconnue comme une maladie en France. Cela hérisse au plus haut point le professeur Jean-Marc Sabaté, gastro-entérologue et chercheur à l’Inserm. Voici, en quelques lignes, ce que cet éminent médecin-chercheur nous apprenait dernièrement…

Alors comment soigner ce syndrome de l´intestin irritable, les traitements, les règles diététiques à suivre ?
-Le syndrome de l´intestin irritable, communément appelée Colopathie fonctionnelle, va se manifester par des douleurs abdominales, et des troubles du transit. On a différents troubles du transit : des patients qui vont avoir la diarrhée, des patients qui ont des troubles du transit. Il y a des gens qui alternent entre de la diarrhée et de la constipation.

La plupart des patients ne viennent pas consulter, et finalement aménagent leurs petits systèmes en ne mangeant pas un aliment qu'iis ne supportent pas bien.
On considère qu’il n´y a que 20 à 30 % des gens qui consultent.
Les autres, ont soit des symptômes mineurs et ils s'en accommodent avec des petits aménagements qu'ils ont expérimentés. D'autres sont des patients qui ont consulté, qui ont essayé de trouver une solution à leurs problèmes, mais qui n´ont pas trouvé de véritable solution. Ils restent déçus chez eux, en ne trouvant pas de raison de consulter à nouveau.

Les facteurs déclenchants.

Le plus souvent, il n’y en n’a pas, les patients disent qu´ils ont cette maladie depuis toujours, ils ne mettent pas un début précis à la maladie.

Parfois, la maladie peut être de début brutal, il y a plusieurs modalités. Cela peut être après une grosse gastro-entérite, notamment si elle dure plus de 5 jours, si elle intervient sur un terrain de stress, il y a aussi des facteurs génétiques qui peuvent faciliter.

A ce moment-là, les gens développent dans les 6 à 12 mois qui suivent un syndrome de l´intestin irritable, avec une forme où prédomine la diarrhée d´ailleurs. Chez d´autres personnes, cela peut venir de problèmes psychologiques très importants. Notamment le stress post-traumatique, notamment chez les soldats qui reviennent d’opérations militaires, ou après des catastrophes naturelles. Nous pensons malheureusement qu´avec les attentats, il y aura des patients chez qui cela va se déclarer, qui vont développer une maladie de type intestin irritable dans le moyen et long terme.

Egalement, et c´est un peu nouveau, après certains chirurgies, qui se sont un peu compliquées, des chirurgies du tube digestif notamment, que l´on appelle des diverticules du côlon, on peut aussi développer la maladie après cette chirurgie.

Quels sont les moyens de diagnostic ?

Le meilleur diagnostic reste à ce jour, l´interrogatoire, car malheureusement il n´y a aucun test diagnostique, et malheureusement tous les examens qui sont faits dans cette maladie aujourd'hui en 2016, sont des examens qui cherchent à éliminer d'autres maladies, dont les symptômes peuvent ressembler.

Par exemple, on cherche à éliminer en cas de diarrhée, la maladie de Crohn, qui peut donner des ulcérations du tube digestif ; la maladie cœliaque, où on doit faire ensuite un régime sans Gluten. Pour les gens constipés, pour les gens dont la thyroïde fonctionne mal, on peut avoir une constipation. Tous les examens cherchent à identifier d´autres maladies, mais il ne faut pas multiplier ces examens à l'infini. Aucun test ne permet d´affirmer que c´est bien cette maladie. Finalement c'est le triomphe de l'interrogatoire et du contact avec le patient, de la communication thérapeutique.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes ne sont pas glamours, la maladie est tabou. Les flatulences, les ballonnements, les gaz, le transit des matières, cela passionne peu de gens. Quand on en parle aux autres, on a l’impression qu'on les embête. Quand vous en parlez dans votre entourage ou à votre famille, cela intéresse assez peu de personnes.

Mais comme les symptômes sont partagés par beaucoup de gens, même de façon épisodique, quand vous en parlez un peu trop, les gens ont l’impression que vous vous plaignez plus que les autres, que vous êtes un peu casse-pied mais que vous n’avez peut-être pas grand-chose. Pour se mettre à la place : les gens qui ont une gastroentérite le weekend, pour eux le weekend a été complètement gâché, ils ont passé leur week-end sur les toilettes, ils n’ont rien mangé. Admettons qu’ils reviennent au travail le lundi avec un petit peu d´entrain, ils vont en parler à leurs collègues toute la journée et cette gastroentérite va faire le tour du bureau.

Admettons que vous ayez la gastroentérite 5 jours sur 7, vous ne savez pas ce que vous allez manger, vous n’allez pas chez les gens, vous n’êtes pas bien pour travailler, c´est ce que vivent certaines personnes qui ont une colopathie fonctionnelle. L'altération de la qualité de vie qui est peu connue. Des études ont montré qu'elle peut être de même ordre que des patients qui ont une maladie de Crohn, de même niveau que des patients qui vont en dialyse trois fois par semaine. Il y a également un désespoir quand la maladie dure et qu’on ne peut pas en parler à trop de gens. Il y a même des idées suicidaires qui sont plus fréquentes que dans la maladie de Crohn, c’est quasiment la seule façon dont on meurt de cette maladie.

Les causes du SII ?

Ce sont des troubles de la motricité. Trop ou pas assez de contractions du tube digestif, que l’on ne retrouve que chez 40% des patients. Souvent le médecin va prescrire des antispasmodiques, qui soulagent parfois mais pas toujours. Et pour ces troubles de la motricité, accélérer ou ralentir la vitesse du transit.

Au sujet de la Douleur.

On a aussi des anomalies du contrôle de la douleur au niveau de la moelle épinière. Pour les contrôles de la douleur, des antidépresseurs sont parfois prescrits à des doses faibles.
Ces traitements peuvent régulariser des contrôles de la douleur, des sensations comme les contractions du tube digestif, que l´on n´a pas ressenti comme douloureuses, ou des sécrétions d´eau, des réabsorptions d´eau peuvent être transformées chez certaines personnes. On a montré que 2/3 des patients ont des contrôles de la douleur qui sont anormaux au niveau de la moelle épinière. Cela pourrait donner une amplification de signaux qui n´ont pas d´intérêt, comme les contractions du tube digestif, et les transformer en messages douloureux. Les antidépresseurs pourraient marcher sur ce mécanisme dans à peu près 40% des cas.

Et les thérapies complémentaires

Certaines ont montré leurs efficacités, c'est le cas de l'hypnose, qui peut modifier ce qui s'active dans le cerveau quand vous avez une sensation digestive. Le fait aussi de bien expliquer la maladie aux patients, leur dire qu'ils ne sont pas fous, que ce qu'ils ont est réel.

Faire de l'éducation thérapeutique agit sur d´autres zones du cerveau, qui sont par exemple les zones de l´anxiété. L’Hypnose Médicale, participe à l’amélioration nous enseigne le Pr Sabaté.

L'hypnose, doit être pratiquée à peu près 5 à 6 séances, et on apprend aux patients à faire de l'Auto-hypnose. C'est un traitement qui soulagerait 50 à 60% des gens qui sont en échec sur d´autres traitements, donc cela semble très intéressant.
De plus, chacun sait aujourd’hui, que l´hypnose est très intéressante dans la prise en charge de la douleur en général.

Quelle est la population la plus touchée ?

Les jeunes cadres sont aujourd’hui bien plus touchés que les personnes âgées. Il y a donc un lien avec la question du stress.
Le stress professionnel, le stress dans la vie de famille, font que nous avons de plus en plus de patients qui consultent.

Quels sont les moyens de prise en charge ?

Sur le plan médicamenteux, ce sont essentiellement les antispasmodiques, ou les laxatifs si il y a une constipation.
L´écoute du patient, l’éducation thérapeutique, est primordiale. Il faut savoir écouter, pour essayer de comprendre leurs traitements, leur histoire, leurs symptômes.

Le temps, l'empathie est très importante dans la relation patient-thérapeute, pour essayer de calmer des angoisses, ou la cancérophobie. Comme les douleurs ne disparaissent pas, même si on a fait faire des examens, ils ont peur que l´on soit passé à côté quelque chose, un diagnostic de cancer par exemple.

Les douleurs projetées.

Quand on fait des recherches pour étudier ce que l´on appelle les sensations digestives, en pratique on met un ballon dans l´organe que l´on veut étudier et on le gonfle plus ou moins fort. Pour des patients qui n´ont pas la colopathie fonctionnelle, cela provoque des sensations à l’endroit du ballon.

Par contre chez les gens qui ont la colopathie fonctionnelle, il y a une hyper sensibilité qui se manifeste par deux phénomènes : les seuils sont plus bas, il faut moins de volume pour déclencher une sensation plus forte. Par exemple 1 volume chez quelqu'un qui n´a pas la colopathie qui provoque un gaz, peut déjà enclencher une douleur chez quelqu’un qui l'a. L’autre phénomène, qui correspond à ce que l’on décrit, ce sont des douleurs dans des zones anormales, projetées, par exemple le dos.

Une extension des douleurs dans des zones comme le dos peut provenir de cette hyper-sensibilité qu'ont certains patients.
Dans ces cas, il faudrait trouver des traitements qui ont un effet sur l´hypersensibilité. Par contre l´hypnose, quand on peut la pratiquer, est un des rares traitements qui a un effet sur la sensibilité.

La colopathie fonctionnelle peut-elle se compliquer en cancer ?

Souvent cette crainte est liée au fait que la maladie ne s’améliore pas, que les symptômes sont là, voire même que cela se transforme en cancer.

Non cette maladie ne se transforme pas en cancer, ni en maladie inflammatoire, ou en maladie de Crohn ou autre chose.

Comme c’est une maladie très fréquente, les gens peuvent développer une maladie très fréquente et en parallèle une maladie moins fréquente, mais c’est simplement le fait du hasard, il n´y a pas de lien entre les deux, et pas de risque que cela dégénère.



Laurence ADJADJ
Hypnothérapeute à Marseille, Praticienne EMDR-IMO, Psychologue, Spécialisée en Thérapies Brèves... En savoir plus sur cet auteur



Rédigé le 13/08/2017 à 13:13 | Lu 2414 fois modifié le 28/08/2017


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